Dans la sall de conférence londonienne où se presse la foule des journalistes, tous les micros sont braqués sur un homme, ce lundi 13 Juillet . . . Le professeur Magdi Yacoub, un chirurgien de renommée mondiale. Le visage grave, le voici qui s'avance vers le pupitre, face au public, et qui reste un moment silencieux, comme s'il cherchait des mots pour expliquer l'inexplicable. . .
- Ma jeune patiente, Hannah Clark, commence le professeur Yacoub, était condamnée. C'était l'avis de l'ensemble du corps médical, c'était aussi le mien. . . Or, elle est aujourd'hui quérie. Ne me demandez pas comment c'est arrivé. C'est arrivé, voilà ce qu'on peut dire. Et c'est tout simplement magique. . .
"Magique", c'est bien le mot. . . Le cas a quelque chose de surnaturel. Quand Hannah Clark est née, il y a seize ans, à Mountain Ash, une petite ville du pays de Galles, les médecins se sont montrés pessimistes. Hannah souffre d'une maladie cardiaque assez raren une "cardiomyioathie". Son coeur, deux fois plus gros que la normale, est incapable de pomper le sang convenablement. Très vite, la fillette doit subir une greffe, la première d'une longue série d'opérations.
Dans son makheur, Hannah a toutefois de la chance. Le chirurgien qui se penche sur son cas - il s'agit du professeur Magdi Yacoub - a une inspiration qui va plus tard se révéler génial. Plutôt que de retirer le coeur malade, il le laisse en place et "installe" à ses côtés un organe sain. Hannah se rouve ainsi dotée de deux coeurs, l'un presque moribond, l'autre en bon état de fonctionnement. L'espace de quelques années, elle peut mener ainsi la vie d'une petite fille ordinaire. Puis tout se complique. Suite à la greffe, Hannah est contrainte d'absorber de puissants médicaments antirejet qui, à la longue, attaquent son système immunitaire. En août 2001, triste nouvelle: l'enfant n'a que 8 ans, mais elle est atteinte d'un cancer! Pendant un temps, des chimiothérapies à répétition parviennent à ralentir la progresion du mal, mais en Janvier 2003, la maladie "flambe".
Le choix, d'un points de vue médical, est dramatiquement simple: si hannah poursuit le traitement antirejet qui provoque son cancer, c'est la mort assurée; si elle l'arrête, son corps expulsera la greffe et l'issue sera également fatale. Que faire?
E, Frévrier 2006, Le professeur Yacoub tente l'opération de la dernière chance. Au cours d'une intervention marathon, il retire le greffon et tente d'activer le coeur malade, qui n'a plus battu depuis dix ans. . . L'incroyable se produit. Sous les doigts du chirurgien, l'organe endormi se réveille et se met à se contracter, avec des pulsations puissantes et régulières. Comme si, au cours de ces dix années de repos, il avait pu lentenment se reconstruire.
Au cours des mois qui suivent, sous les yeux incrédules des médecins, la guérison s'avère totale: le cancer a disparu, les problèmes cardiaque également.
Aujourd'hui, trois ans après cette intervention miraculeuse, "magique", Hannah est complètement rétablie. Elle est plus active que la plupart des files de son âge, comme si elle voulait rattraper le temps perdu dans les hôpitaux. Elle vient de décrocher son BEPC et, pour gagner un peu d'argent de poche, elle garde cet été des animaux de compagnie. Un véritable exploit pour elle, qui jusque-là, du fait de son système immunitaire déficient, ne pouvait approcher ni chat ni chien. . . A la rentrée, Hannah retrouvera les copines de son lycée et ses sports préférés, la natation et la course.
Au cours de la conférence de presse donnée par le professeur Yacoub, le père de la jeune fille a pris la parole pour rappeler les durs moments passés.
-Un jour, quand Hannah allait très mal, une infirmière s'est approchée de moi et m'a annoncé:"Votre fille n'a plus que douze heures à vivre. . ."
A cet instant, Hannah elle-même a pris le micro pour dire avec un grand sourire:
-Le fait que je sois encore là prouve, en tout cas, qu'il faut toujours s'accrocher. . .

